Caravanes insoumises : mode d’emploi

Tout ce que vous voulez savoir sur les caravanes insoumises dans l’arrondissement sans avoir jamais osé le demander. De quoi s’agit-il ? Comment en organiser une près de chez soi ? Avec quel matos ? Qui peut m’aider ? Mode d’emploi.

Par l’équipe des volontaires « Caravane du 19e » !

Une prochaine caravane insoumise aura lieu le 21 octobre, rond-point de la Porte Chaumont. Un format que nous allons affiner et multiplier.

Dans cette objectif, cet article se propose de fournir les principales informations sur les dites « caravanes insoumises ». Nous la destinons à toutes celles et ceux qui voudraient en savoir plus pour s’en emparer dans leurs groupes d’appui ou pour participer aux prochaines proposées.

Ce qu’on y dit provient de la lecture du kit caravane de la FI ,  des formations caravanes dispensées aux AmFIs, et de la première expérience de caravane menée à la cité Michelet (Cambrai / Curial) il y a deux semaines. Tout cela peut bien sûr être complété par des retours d’autres copains insoumis qui auraient participé à des caravanes, voire,  aux caravanes nationales de l’été !

La caravane, qu’est-ce que c’est ?

Le principe est assez simple : il s’agit d’assurer une présence visible dans un quartier (en principe « populaire »), à la fois par la durée de l’action (au moins trois heures) et si possible par sa fréquence (caravanes régulières, par exemple une fois par mois, ou du moins prolongée par des portes à portes fréquents).

Il s’agit moins ici de plaider en faveur d’un programme ou d’expliquer les positions politiques de la FI, mais en premier lieu de recueillir la parole, les questions, les colères des gens, et les aider à identifier des causes et chercher des solutions, moyens d’action. L’aide proposée peut parfaitement varier en fonction des situations et des ressources des militants.

Sous la forme classique promue par la FI, il s’agit essentiellement (outre d’inscrire sur les listes électorales, ce qui n’est plus tellement d’actualité juste après les élections) de proposer une première orientation dans l’accès aux droits. On peut alors se servir du site officiel du gouvernement : https://mes-aides.gouv.fr/ pour évaluer de façon anonyme (en disposant d’informations simples comme le revenu mensuel, le loyer, la situation familiale) les aides auxquelles une personne a le droit, et de vérifier avec elle si elle les touche. Si ce n’est pas le cas, on peut alors lui expliquer comment demander cette aide ou l’orienter vers une association ou un service social qui pourra l’accompagner davantage (par exemple il y a deux semaines une dame ignorait totalement avoir accès à des aides vieillesse de l’Etat et de la ville de Paris, qui apparaissaient sur le site : on lui a tout écrit sur un papier pour qu’elle revoie cela avec le service social qui la suivait). Il suffit d’avoir un téléphone avec connexion internet ; si on a une tablette ou un ordi avec connexion c’est encore mieux !

C’est aussi l’occasion d’entendre les problèmes spécifiques d’un quartier et de permettre aux habitants de les exprimer, d’identifier les actions possibles, et de se rencontrer les uns les autres pour en parler et tenter de s’auto-organiser collectivement. À titre d’exemple : les problèmes d’ascenseur en panne dans un HLM, ou de collecte d’ordure non faite dans une rue, ou de fermeture de service public ou de classe d’école… À la cité Michelet nous avons appris que les habitants souffraient de très nombreux cambriolages, clairement liée à des poignées de portes défectueuses, portes changées d’autorité par Paris Habitat aux frais des habitants. On peut alors proposer par exemple de constituer une liste de contacts de personnes concernées par la situation et souhaitant agir ensemble, afin qu’elles organisent une première réunion. On peut en particulier mettre en application la « méthode Alinsky ». Ce sera l’objet d’un prochain post !

Bien évidemment, les discussions peuvent aussi venir sur la situation politique générale du pays, comme bien sûr la casse du code du travail, la baisse des APL, la suppression des emplois aidés ; et à chaque fois le lien peut être fait avec des situations concrètes des habitants et des quartiers.

Sous quelle forme cela se fait-il ?

Il faut se dire qu’une caravane ne nécessite pas forcément beaucoup de matériel, ni beaucoup de militants. Des formats plus ou moins « ambitieux » peuvent être envisagés, avec plus ou moins de préparation en amont. Il s’agit surtout d’identifier un lieu pertinent (avec du passage, des immeubles à proximité, mais n’étant pas un lieu privé) et un moment de la journée propice à rester quelques heures avec des personnes pouvant s’attarder, repasser. Par exemple le samedi après-midi ou le mercredi en fin d’après-midi/début de soirée.

Le format minimal consiste dans le fait de poser une table, une affiche précisant par exemple « Caravane insoumise – accès aux droits », un jus de fruit ou une thermos et quelques verres, un téléphone avec connexion.

Le format intermédiaire consiste à avoir également un barnum, des chaises autour de la table, un paperboard, des affiches autour pour être bien visibles et suffisamment de militants pour faire, en même temps que la caravane est présente dans la rue, des porte-à-porte. Dans ces porte-à-porte, on explique que la caravane est en bas, que si les gens ne sont pas disponibles là ils peuvent toujours passer nous voir ; ou à l’inverse on profite du fait qu’ils nous aient déjà identifiés dans le quartier pour leur proposer une discussion plus « au calme » que dans la rue.

Enfin bien sûr on peut rêver à terme de ressources encore plus grandes, avec une vraie caravane mobile, équipée d’outils informatiques et de matériel, une équipe d’une quinzaine de militants, etc…

Qu’est-ce qu’il faut faire avant la caravane ?

Elle peut être plus ou moins préparée… voici ce qu’il est souhaitable de faire en amont de la caravane si on en a les moyens

– faire une demande d’autorisation d’occupation de l’espace public auprès de la préfecture.

– annoncer la caravane dans le quartier avec des affiches / des tracts dans les boites aux lettres des immeubles voisins

– éventuellement, annoncer aux associations voisines que l’on va faire une caravane, leur proposer de passer ou leur demander si elles veulent bien qu’on oriente vers elles des personnes qui auraient besoin d’accompagnement. C’est aussi l’occasion d’entendre ce qu’elles ont à dire sur la situation du quartier, voire, leur situation. Cela permet de montrer qu’en aucun cas la France insoumise prétend se substituer à leur action mais qu’elle apporte sa pierre, peut servir de relais.

De quelles ressources disposent les insoumis et groupes d’appui du 19e pour monter une caravane ? 

Tout d’abord, les gens ! Rassurez-vous, pas la peine d’être une armée. Une petite équipe motivée fait parfaitement l’affaire et peut ensuite, s’appuyer sur les expériences acquises pour dupliquer les initiatives avec d’autres groupes d’appui. Donc si ça vous dit d’en faire partie, signalez-vous, afin qu’on puisse en parler lors de la réunion de coordination puis de l’AG.

Ensuite, le matos ! Pour l’instant, nous avons en stockage provisoire chez des camarades militants un ensemble d’objets utiles à la caravane. Si vous voulez pouvoir en profiter pour votre caravane, il faut le signaler à l’avance pour faciliter l’organisation et surtout le transport.

Donc, pour le moment nous disposons de (roulement de tambours) :

– un barnum (qui appartient au PG du 19e)

– une assez grande table pliante avec poignée-valise

– quatre chaises pliantes

– deux tabourets

– des caisses de rangement pour les différents matériels, tracts, livrets etc

– des fournitures (scotch, feutres etc)

– deux tablettes avec pince pour prendre des notes et des contacts en porte à porte

– un paperboard

– un porte affiche

– le panneau / pupitre FI 19e avec livrets et affiches

– la « goutte » (drapeau)  FI 19e

– autocollants et affiches FI

Cela peut se compléter par :

– jus de fruits, café, petits gâteaux (attention ces derniers peuvent attirer des nuées d’enfants…)

– un porte-voix pour annoncer notre présence

– une sono avec enceinte, micro pour passer de la musique, annoncer notre présence, permettre des prises de paroles citoyennes

– des affiches spécifiques « caravane insoumise » qui resteraient à concevoir…

Contacter les volontaires

Maintenant que vous être prêt à franchir le pas, reste à vous mettre en contact avec la sympathique équipe de volontaire, auteure de ce post tout à fait complet, et par ailleurs, tout à fait disposée à vous accompagner et vous soutenir dans vos actions.

Last, but not least, vous pouvez contacter l’équipe des volontaires sur les mails suivants :

sarah.legrain[at]gmail.com

guennounbaker[at]gmail.com