Grand froid : mineurs livrés à eux-mêmes dans le nord et l’est parisien

Plusieurs avocats ont adressé jeudi 8 février au procureur de Paris le nom de 128 mineurs en «danger grave et immédiat».

CC – Jeanne Menjoulet

Le procureur de Paris, François Molins, s’est vu adresser ce jeudi 8 février par plusieurs avocats un signalement de mineurs isolés « en danger » dans la capitale, en pleine vague de froid.

« De nombreux mineurs non accompagnés (…) se trouvent actuellement livrés à eux-mêmes dans les rues de Paris, sans abri, par des températures négatives, et de ce fait exposés à un danger grave et immédiat pour leur santé physique et psychique », s’alarment ces avocats dans un courrier cité dans la presse.

Les avocats à l’origine du signalement sont Catherine Delanoë-Daoud et Isabelle Roth. Ils sont responsables du pôle mineurs non-accompagnés du barreau de Paris. Emmanuel Daoud, membre du conseil de l’Ordre de Paris s’est associé à leur interpellation. Les mineurs ont été identifiés et recensés principalement dans l’est et le nord parisiens, sur informations d’associations locales spécialisées dans la prise en charge des réfugiés et de mineurs isolés.

La situation des mineurs isolés ne cesse d’être dénoncée par de nombreuses associations dont la LDH et RESF, ou Utopia 56, ainsi que de nombreux collectifs de citoyens qui les soutiennent. Elle prend un tour critique avec la vague de froid qui tombe sur le pays.

Ces associations ont à plusieurs reprises alerté le rectorat et le cabinet de Mme Versini, adjointe à la maire de Paris chargée notamment des questions relatives à la solidarité, à la protection de l’enfance et à la lutte contre l’exclusion, mais sans avoir de réponses concrètes permettant de mettre ces jeunes à l’abri et de les protéger.

Nous nous réjouissons que des avocats décident de saisir le procureur en vertu de ces missions de protection de l’enfance, pour que les pouvoirs publics – la Ville de Paris et le préfet de Paris – mettent « tous les moyens matériels et humains en oeuvre afin d’assurer une protection efficace de ces mineurs ». Les avocats demandent que ces mineurs soient mis en sécurité de toute urgence. La situation de ces enfants est d’autant plus alarmante qu’ils n’ont pas accès aux dispositifs de mise à l’abri classiques du 115, réservés aux majeurs.

Des actions sont menées par les insoumi-s-es du 19e en lien avec les associations locales. Les jeunes migrants ont besoin de sous-vêtements chauds et notamment des chaussettes d’hiver. Contactez-nous pour de plus amples informations.

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