La Demoiselle, la seule péniche à ne pas être réintégrée sur la Bassin de la Villette. Pourquoi?

Nous relayons ici la pétition de la péniche Demoiselle, dont les insoumis du 19ème avaient appuyé le combat en septembre dernier (cf le dossier écrit à l’époque)

 

2 avr. 2018 — Après 10 mois de bataille, la Demoiselle est toujours en danger d’expulsion, la seule péniche qui n’a pas été réintégrée sur le Bassin de la Villette, pourquoi? On ne comprend pas. Un résumé de la situation s’impose :
En mars 2017, la Mairie de Paris reprend la totalité des emplacements des péniches culturelles et nous demande de postuler à un appel à candidature au même titre que de nouveaux projets.
Le 7 Juillet 2017, la réponse de la Mairie tombe comme un couperet : Anako, Cinéma et Demoiselle ne sont pas retenues et sont condamnées à partir le 2 janvier 2018, sans aucune autre proposition d’emplacement.
Après 10 mois de bataille médiatique, Carrefour retire son projet d’épicerie fine (!) et la Mairie ouvre un nouvel emplacement (!). Un 2ème appel à candidature remet en jeu ces 2 emplacements.
Les résultats tombent le 10 janvier 2018. La péniche Demoiselle, la plus discrète et la moins offensive médiatiquement, est définitivement écartée de la course… Nous sommes encore une fois priés de quitter les lieux sans aucune proposition d’emplacement.

C’est tout simplement inacceptable !

Mettre en concurrence 3 péniches expulsées pour 2 emplacements… C’est « diviser pour mieux régner ». Alors que nous sommes unis et liés par le même combat… Alors qu’il reste sur le Bassin de la Villette et le Bassin élargit encore 5 à 7 emplacements disponibles.
… Et alors même que les projets accueillis ne concordent pas avec la vie culturelle du Nord-Est parisien et du 19ème, qui sont encore des quartiers au cœur de la diversité. En effet ! Il ne suffit pas de mettre en concurrence des projets qui n’existent pas… et de les parachuter sur un quartier existant… pour prétendre construire ensemble une animation avec les habitants.
C’est que le critère lucratif est privilégié au détriment d’une vraie qualité de projet, d’une vraie diversité culturelle et d’un vrai lien avec le quartier !
Parmi les nouveaux projets figure la péniche « Lili Bouh », un projet de M. Barillet, patron de la Bellevilloise qui dirige déjà 18 entreprises dans Paris… et qui propose un concept parfaitement similaire au nôtre de… « Péniche de Bals » ! La leçon est claire, nous ne bénéficions pas des mêmes garanties financières, ni de son chiffre d’affaires.
Eh oui ! Dans les nouvelles conventions d’amarrages, les péniches doivent payer un loyer mensuel fixe comme jusqu’alors, …augmenté de 4,5% du chiffre d’affaires si celui-ci dépasse 500 000 €.
En bref : Virer une association culturelle au profit d’une société ouvrant des lieux culturels à tour de bras dans le tout Paris est inqualifiable… et montre que ce genre d’appel d’offres profite surtout aux grosses structures qui ont les moyens d’y répondre.
Depuis le départ, les conditions et modes d’évaluation des dossiers du 1er appel à candidatures sont douteuses. Nous avons fait appel de cette décision par voix juridique et déposé un recours au Tribunal à l’encontre du 1er appel à candidature.
Nous sommes déterminés à rester ! Nous irons jusqu’au bout pour obtenir gain de cause et être réintégrés au même titre que les 2 autres péniches sauvées du naufrage !

Nous organisons un grand rassemblement aux côtés des artistes, des associations partenaires et des personnes politiques qui soutiennent notre projet. Une journée de mobilisation et de portes ouvertes à tous, réunissant nombre d’animations, d’ateliers, de concerts et de performances d’artistes, tous venus mettre leur talent au service de notre cause.
Rendez vous le 19 avril 2018 à partir de 16h30 à bord de la péniche Demoiselle, 57 quai de la Seine, 75019 Paris. Métro : Riquet
Une grande mobilisation pour la péniche Demoiselle et pour toutes les petites structures et associations porteuses de diversité culturelle du 19ème.