Sauvons Velib’ : Votation citoyenne du 16 septembre au 14 Octobre

Lancement de la votation citoyenne pour municipaliser Velib’

A la suite d’ une rentrée politique marquée par la démission de Nicolas Hulot et les grandes mobilisations des marches sur le climat à Paris, la France Insoumise organise une votation citoyenne pour dénoncer le fiasco de la gestion du dossier Vélib’ par la Mairie de Paris. Il s’agit de proposer une solution politique à ce que les parisienn.e.s vivent comme un échec industriel. Elle est aussi l’occasion pour nous d’un dialogue avec les associations et collectifs qui défendent le développement de la pratique du vélo à Paris, et plus largement l’occasion d’un premier dialogue avec nos concitoyens sur la ville que nous voulons.

Cette votation permet de revenir sur 1 an de fiasco municipal et de démontrer par l’exemple comment les politiques d’austérité, les politiques publiques libérales et le recours à la délégation de service public ne servent pas l’intérêt général.

Historique Velib

 Velib est lancé en 2007 sous le mandat de Delanoë. A l’époque la majorité socialiste choisit au lieu de monter une régie publique de confier le marché à l’entreprise JC Decaux, en couplant la gestion des bornes Velib au marché de l’affichage publicitaire.

Pendant les dix ans qu’a duré le marché, la mairie n’a jamais communiqué sur les conditions financières de la délégation de service, ni combien cela rapportait à l’entreprise. Ce que l’on sait en revanche c’est que la ville avait à sa charge la maintenance des vélos et des stations, pendant que JC Decaux empochait les profits sur les abonnements.

A la fin du marché en 2017, la mairie a décidé de déconnecter les bornes de l’affichage publicitaire. Un appel d’offre est lancé. Le marché est remporté par Smovengo face à JC Decaux car il est le moins cher… c’est à dire, comme souvent, le moins-disant social : Smovengo par exemple emploie 50 salariés au lieu de 110 par JC Decaux et dans des conditions sociales déplorables (pression sur les salaires, travail nocturne mal valorisé, licenciement de grévistes etc…). Depuis on va de dysfonctionnement en dysfonctionnement. Comme la mairie n’était pas propriétaire des bornes, il a fallu les retirer et en installer des nouvelles. L’installation a pris du retard, des bornes ne sont pas électrifiées et depuis premier janvier 2018 début du nouveau contrat il est quasiment impossible de trouver un vélo. La mairie a protesté contre le retard de Smovengo par de timides ultimatums qui n’ont pas été suivi d’effets. De son côté alors que le contrat stipule que Smovengo devrait 1 million d’euros à la Mairie en dédommagement par mois de retard à la livraison, l’entreprise à dores et déjà annoncé qu’elle ne s’en acquitterait pas. Certains médias ont évoqué une non-solvabilité de l’entreprise : argument peu recevable quand on sait que Smovengo, souvent présenté comme une sympathique start’up montpeliéraine est une filiale d’Indigo qui gère parking et FPS à Paris, elle même détenue par Vinci. Aujourd’hui Smovengo assure que le service sera fonctionnel à Paris en mars 2019 soit 1 an et 3 mois après le début du contrat… Visiblement la mairie ne semble pas décidée à mener un rapport de force.

Quant aux communes limitrophes elle n’ont qu’à subir la décision parisienne. Un syndicat mixte de communes a été créé pour la gestion d’Autolib et Velib dans lequel elles sont minoritaires et ne peuvent s’opposer à la mairie de Paris.

En parallèle la mairie a permis l’arrivée à Paris de la « free-flottisation » de véhicules gérés par des entreprises privées (trottinettes,vélos électriques, scooters, voitures) en libre-service, tandis que les entreprises empochant les bénéfices ne paient à la mairie que des sommes dérisoires le droit d’occuper l’espace public (300 euros par an et par voiture par exemple). Sans système de stationnement spécifique ces véhicules engendrent des problèmes de stationnement qui sont pris en charge par la mairie ; cela donne lieu à des « emplois » ultraprécaires pour le rééquilibrage du type « 5 euros par trottinette rapportée »

Municipaliser : pour quoi faire ?

– Reprendre la main sur Vélib, c’est se doter d’un levier important d’une politique publique en faveur de la transition écologique. La régie municipale c’est le pivot d’une politique qui vise à développer l’usage des mobilités douces et faire de Paris une ville libérée des voitures (avec développement des pistes cyclables, atelier municipaux de réparation), à rebours des free-flotte qui entretiennent la culture du véhicule individuel. La Ville de Paris peut reprendre véib en régie : elle a déjà montré sa capacité à acquérir une expertise technique de haute qualité, par exemple depuis 2010 elle gère l’eau en régie publique (bien plus complexe qu’un système de location de vélo).

– En finir avec la captation privée sur le dos des usagers et garantir une continuité de service public  : aujourd’hui le contrat avec Smovengo est de 478 millions d’euros sur quinze an (soit un peu plus de 30 millions par an), sans compter le coût d’installation des stations qui est la charge de la mairie, on peut estimer le coût total à 600 millions. A cela il est nécessaire d’ajouter les pénalités dues pour service non rendu et dont on ne verra sans doute jamais la couleur !

Pour le même prix, le public peut faire bien mieux que le privé à tous les niveaux :

  • Si c’est public, l’usager n’aura pas à payer les bénéfices du privé. Comme on l’a dit on a jamais su combien JC Decaux réalisait de bénéfices sur la partie location de Velib mais à titre d’exemple on sait que la société Indigo réalise sur son activité de gestion des parking municipaux 40 millions de bénéfices nets par an, ponction payée par les usagers. Avec une régie publique on met fin à cette captation privée.

  • Qui dit régie publique dit continuité du service public. On l’a vu le passage d’un opérateur privé à l’autre a entraîné plus d’un an interruption de service. Que se passera-t-il dans 15 ans au moment du nouvel appel d’offre ? Avec la régie municipale c’est la garantie de la continuité du service.

-Garantir des conditions décentes pour les salariés : On a vu que Smovengo avait une gestion déplorable de ses employés. Une régie publique c’est la garantie de personnes travaillant dans des conditions dignes encadrées par un statut. Par exemple : à Madrid qui a municipalisé le bicimad (équivalent velib) cela a permis d’augmenter les salaires des travailleurs au lieu d’enrichir le privé.

La votation concrètement :

La votation est possible depuis le 16 septembre jusqu’au 14 octobre en ligne à partir du site http://sauvonsvelib.vote ou avec des bureaux de votes physiques.

La journée de lancement :

Le 16 septembre à l’occasion de la journée sans voiture, les insoumis.es parisienn.e.s ont effectué ballade en vélo de Belleville à Châtelet. Cela a été l’occasion d’exposer notre démarche aux parisienn.e.s rencontré.e.s sur le parcours durant lequel Danielle Simonnet a pris la parole. Puis le premier bureau de vote a été tenu place du Châtelet.

Votation Mode d’emploi :

Pour tenir un bureau de vote physique :

Le créer à partir du site http://sauvonsvelib.vote ou en se rendant sur le site de la FI en renseignant la date, le lieu, et la durée de votre bureau de vote.

Une fois créé vous recevrez (à partir du 16 septembre) un code vous permettant d’activer le bureau de vote le Jour J. Le jour J entrez le code et suivez les instructions. Un accès internet est requis pour le fonctionnement du bureau de vote (à partir d’un téléphone portable ou d’une tablette par exemple).

Comme lors de la votation nucléaire, le code donne accès aux listes électorales (de Paris et des communes avec Velib). Quand une personne se présente pour voter, demandez lui son nom et sa date de naissance, retrouvez la sur la liste et faites la voter à l’aide des bulletins. Cet émargement numérique garantit que chaque personne ne peut voter qu’une fois. Et pour ceux qui sont inscrits ailleurs alors qu’ils habitent ici, c’est une belle occasion de les inciter à s’inscrire sur les listes électorales de leur commune d’habitation…

A noter qu’il existe deux types de bulletins, les verts pour les personnes inscrites sur les listes électorales et les oranges pour les autres, dont étrangers et mineurs de plus de 16 ans qui souhaiteraient participer aux votes (je rappelle que nous sommes favorables aux vote des étrangers aux élections locales et à l’extension du droit de vote à 16 ans).

A la fin du bureau pensez à dépouiller et à faire remonter les résultats sur le site et à bien fermer le bureau de vote en ligne (sinon les résultats ne sont pas comptabilisés).

-Visibilité : n’hésitez pas à relayer les actions sur les réseaux sociaux avec le #sauvonvelib ou le @sauvonsvelib et à proposer des actions originales autour du vélo.

-Le temps de la votation est par exemple l’occasion d’entrer en contact avec les associations de cyclistes à Paris (vélorution, MDB etc…)

Liste des bureaux de votes du 19ème :

  • Mardi 18 septembre :Jaurès 18h

pour s’inscrire sur le site : https://agir.lafranceinsoumise.fr/evenements/1171149c-b734-414a-a8f1-2d8c6faab000/

Mercredi 19 : Crimée sortie Mathis

Note Matériel 19ème:

Si vous souhaitez récupérer du matériel pour la votation (urnes, tracts et affiches) vous pouvez écrire à cette adresse : clement.pignon@gmail.com ou passer directement au siège de la FI au 43 rue de Dunkerque 75010 Paris.

Procès Smovengo :

Le 25 septembre à 9h au Prud’homme de Nanterre a lieu le procès des salariés de Smovengo licenciés pour avoir tenté d’améliorer leur condition de travail. Nous souhaitons leur apporter notre soutien.